« J’t’avais bien dit… »

De la couleur, de la vie, de l’humour, une pleine maîtrise de son art nous accueillaient dès les premières secondes au vernissage de l’exposition « J’t’avais bien dit » de Marie-Laure Drillet en ce jeudi 14 février 2019. Un grand bonheur ! Clin d’oeil cocasse de cette soirée d’hiver souligné par Bernard Briand, vice-président du Conseil territorial, la chaudière étant en panne, le thermomètre jouait avec une dizaine de degrés. Paradoxalement, la chaleur l’emportait, car la quarantaine de toiles, dont une vingtaine orientée vers la vie de l’archipel, rayonnait dans l’effervescence de la vie. Ainsi s’inaugurait le vingtième anniversaire du musée de l’arche en cette année 2019 avec l’artiste venue sur ses terres d’origine pour ce bel événement pictural.

Chaque toile nous raconte son histoire, le regard est captivé par la vivacité des couleurs, s’arrête sur le momentané de l’instant retenu, scrute le travail de création, dans l’osmose de la peinture et du collage. L’imagination du visiteur peut ainsi lâcher la bride dans le ravissement de l’émotion qui soudain se déclenche.

« J’t’avais bien qu’on faisait vite le tour » disait le premier tableau en rentrant à gauche. Pas si sûr que ça car très vite on veut prendre son temps, admirer, ressentir, donner libre cours à sa propre interprétation. On a aussi la chance de pouvoir s’attarder sur une toile en cours de création, se pencher davantage sur la magie de ce qui émerge sur une toile. Il est de ces petits papiers découpés qui soudain ressuscitent d’une manière inattendue. Rien ne se perd, tout reprend forme au service de la beauté qui donne sens et donne un coup de fouet salutaire au quotidien. Ai-je eu l’impression de ressentir comme des instantanés, des temps de pause, où l’œil soudain est dans le prolongement de l’acte créatif ? Oui, sans aucun doute.

Cette exposition réchauffe le coeur, fait du bien à l’âme, porte l’enthousiasme qui révèle la vraie vibration de nos fibres, enrichies du vécu extérieur. J’t’avais bien dit que la vie est belle, nous rappelle l’artiste ! Et cela fait du bien.

Henri Lafitte, Chroniques insulaires

14 février 2019