Pour une révolution dans la mer

Voilà longtemps que je m’interroge sur le terme usuel de « faux poisson ». Comme s’il pouvait y avoir de faux chats, de fausses vaches, de faux Homo Sapiens…

Bref, on rejetait ce qui ne correspondait pas à l’air du temps quand l’appât du gain convergeait vers la Morue. « Tous ces trésors ruisselants se changeront en bel argent » ai-je retenu dans une chanson des Gabiers de Roscoff.

Aujourd’hui quand domine « le désarroi des hommes », pour reprendre un terme d’Isabelle Autissier, quel rapport avons-nous avec la mer que l’on voyait exploitable à mailles rabattues ?

L’ouvrage de Didier Gascuel (professeur en écologie marine), Pour une révolution dans la mer – avec une préface… d’Isabelle Autissier -, nous emporte dans cette interrogation.

C’était hier 1992. Le choc !

Depuis l’activité de pêche dans notre zone géographique a pris un tour nouveau. Entendions-nous parler auparavant de concombre de mer ? Autre espèce, nouveau déploiement. Mais l’humanité peut-elle surfer indéfiniment sur ses inconsciences et ses dénis de réalité ?

L’ouvrage est dense et aborde de multiples facettes de notre rapport à l’océan. Pêche, certes, mais pas uniquement quand de nombreux facteurs viennent bouleverser aujourd’hui la donne. Comment ne pas se rendre compte par exemple que les chants de marins se vivent essentiellement au passé…

De grands bouleversements sont en cours et nécessitent une réflexion pour assurer la survie même de l’humanité. Nous sommes loin d’une vision morcelée des problématiques. Il est des conjonctions de phénomènes qu’il est essentiel d’appréhender. L’analyse de Didier Gascuel nous aide en la matière.

Henri Lafitte, Chroniques insulaires

23 septembre 2019

Didier Gascuel, Pour une révolution dans la mer, Actes Sud, 2019 – ISBN : 978-2-330-11943-0