Nadine Monfils, Les folles enquêtes de Magritte et Georgette à Montmartre

« Un soleil d’opale illuminait le ciel poudré de rose. Le Sacré-Cœur ressemblait à une tiare d’évêque pétrifié qui veillait sur Montmartre et, selon la lumière, pouvait se transformer en gâteau lunaire. » (Page 152) 

Il est là une écriture originale, propre à la romancière belge Nadine Monfils avec sa série des enquêtes de Magritte et Georgette, en l’occurence Les folles enquêtes de Magritte et Georgette à Montmartre.

Le fil conducteur de ces récits sort en effet de l’ordinaire. On suit le peintre et son épouse dans des situations où ils se trouvent plongés dans des imbroglios dignes des romans dits policiers. L’écriture est alerte, l’originalité est de mise, la détente est garantie, humour à la clef. Cette fois, on se trouve à Paris, et l’on côtoie Boris Vian, le Paris nocturne de ce temps-là, une galerie de peinture, des personnages hauts en couleurs ; on plonge dans la Foire du Trône, on franchit le seuil du Lapin Agile, cabaret fameux.

Et l’on entre chez l’auteur de La java des bombes atomiques, ce qui vaut le détour et donne du piquant au roman, dans une interaction d’ailleurs entre l’intrigue imaginée par Nadine Monfils et L’Ecume des jours de Boris Vian.

Découvrir un Magritte enquêteur, tout en le suivant dans sa personnalité de peintre, mais aussi les interactions au sein du couple, dans une mise en forme débridée, voilà qui fait du bien et bouscule toute morosité.

Entre dans ce roman à ton tour, ô lecteur, et… tu verras Montmartre, n’en doute pas.

Henri Lafitte, Chroniques insulaires

1er mai 2024

Nadine Monfils, Les folles enquêtes de Magritte et Georgette à Montmartre – La Bête noire chez Robert Laffont éditeur – 2024 – ISBN : 978-2-221-25498-1