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Février

Chronique du 8 Février 2001

Savais-tu, ô mon lecteur adopteur (n’as-tu pas la maîtrise de l’adoption ? Ça valait bien un néologisme) que la différence génétique entre l’homme et le singe est de... 5% ?

Il s’en est fallu de peu que tu n’échappasses point à quelque zoo pour être supérieur en balade avide de te découvrir te secouant les puces, ce qui t’aurait changé de ton état actuel, surtout si tu es fonctionnaire. (relis bien la phrase ; dans cette hypothèse, l’être supérieur ne serait pas toi)

Sachant que la différence entre l’homme (que tu es, mâle ou femelle, n’en déplaise aux féministes) et le singe (que tu aurais pu être) est de 5%, on peut s’interroger sur le pourcentage de différence entre l’intellectuel fringant et le con absolu. Sont-ils de la même espèce, appartiennent-ils à des espèces différentes ?

N’est-ce pas d’ailleurs le souci de la différence qui amène l’un à dire à l’autre : " Espèce d’abruti ! ", " Espèce d’idiot ! ", " Espèce d’imbécile !, " Espèce de con ! " ? N’y a-t-il pas là un cas d’espèce ?

Ne trouves-tu pas là la (la lère) clé de la différence entre celui qui a la chance d’être payé en espèces sonnantes et trébuchantes (comme, en l’espèce, Roland Dumas, l’homme aux pompes en or du temps où il avait des couilles) et le pauvre hère payé en monnaie de singe ?

Sais-tu, par ailleurs, que pour l’ouvrier, le patron de l’entreprise est le singe et le fils du patron, un ouistiti ? Preuve supplémentaire, lutte des classes à l’appui, que les espèces sont bel et bien différentes, mais que, grâce aux émules de Karl Marx, on peut en réduire l’écart, histoire d’aboutir à une véritable mutation.

Ne cours-je pas moi-même un risque en faisant le singe ? De toi à moi quelle est la différence ?

8 février 2001

Henri Lafitte, Chroniques insulaires

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