2è leçon de relativité
Ô lecteur avide de considérations philosophico-intello-oiseuses, bref, de mes balivernes, tu te souviens peut-être de la chronique du 5 février 2001 où il était question de nouvelle piste à Saint-Pierre et Miquelon, de Louisiane et de Mississippi, de relativité et j’en passe. Si oui ou non, prends une pause, sers-toi un café ou une bière, suivant l’heure, va lire la chronique en question et reviens me voir.
Sache qu’il y avait gourance, comme tu me l’as fait remarqué, toi qui te reconnaîtras, si c’est toi qui me lis. Car " tu " est relatif (u remarqueras au passage la relativité de la conjugaison), sachant qu’il peut être un autre. La Louisiane et le Mississippi n’ont pas été vendus en 1803 pour 300 millions de francs mais pour soixante. Ce qui fait capoter ma première leçon de relativité. Mais tout est relatif.
La France aurait pu être contente d’avoir vendu 2 millions de km2 pour 300 millions ; sache, par-dessus le marché, comme on dit à Saint-Pierre, qu’elle l’était pour 60. Bref, Napoléon, tout empereur qu’il était, était le roi des cons (on savait de qu’il était empereur, mais on ne savait pas qu’il était aussi roi).
J’ajoute que s’il avait vendu le Mississippi et la Louisiane pour 300 millions de francs, il y aurait eu une exception, ce qui m’aurait comblé d’aise. Mais on n’échappe pas à son destin, surtout quand on est français.
Ceci dit, on ne sait pas si Napoléon a touché ou pas un bakchich, comme ça se fait maintenant en politique, auquel cas il a peut-être vendu la Louisiane et le Mississippi pour plus cher. Et ce n’est pas parce que c’est écrit dans un document qu’il les a vendus pour soixante millions que c’est vrai. Tu n’as qu’à lire tout ce qu’a pu écrire Chirac, Pasqua ou Mitterrand pour t’en rendre compte. On pensait que la vente des frégates à Taïwan était nickel ; qui aurait pu soupçonner que les marchés de l’Ile de France dissimulaient autant d’entourloupes. Qui aurait pu imaginer que Tiberi se séparerait de Chirac pour rester avec sa femme ?
Comme quoi tout est relatif.
Mais si Napoléon s’est fourvoyé, ne me le dis pas. C’est quand même lui qui a eu l’idée de la légion d’honneur en 1802, avant de vendre la Louisiane et le Mississippi.
7 février 2001
Henri Lafitte, Chroniques insulaires

Commentaires