Tu ne crois tout de même pas au père Noël ? dit-on à l’autre pour exprimer le doute. Je ne vais tout de même pas croire au père Noël... Croire « au »... peut-être pas ; mais difficile désormais de ne pas croire LE père Noël Choux qui, de passage en 2004 à Saint-Pierre et Miquelon, aura eu l’idée d’une retransmission en direct de la cathédrale de Saint-Pierre de la messe des marins, dans le cadre de l’émission « Le Jour du Seigneur », sur France 2. Une première pour l’Archipel.
Un peu plus de cinquante minutes à partir de 11 heures en métropole, le 19 juin 2005, soit... 7 heures du matin sur nos îles.

- Photo - JC L’Espagnol
Que l’on soit croyant, agnostique ou athée, imaginer 2 millions de téléspectateurs à l’unisson de nos marins, voilà qui n’aura pas pu laisser, ma foi, indifférent.
Nos îles auront eu pour une fois la pêche.

- Photo - JC L’Espagnol
Henri Lafitte, Chroniques insulaires 19 juin 2005

J’ai entendu le père Noël distiller la subtile nuance entre la diffusion de la messe qui est un moment de prière et la rediffusion qui serait un spectacle. Pardonnez-moi mon père car je vais pêcher, mais il faudrait reconnaître que toutes les grand-messes sont des spectacles en costumes réglées pour impressionner les heureux simples d’esprit que nous sommes. Dans une église cathédralisée artificiellement remplie de marins contraints pour beaucoup à l’inactivité, l’image donnée au monde ne sera pas d’une authenticité indiscutable. Le spectacle sera beau et vrai, la tradition respectée, mais la ferveur religieuse sentira le carton pâte. Je ne peux m’empêcher d’avoir une pieuse pensée pour la téléréalité.
Bonjour M. Lafitte,
Je viens de suivre la messe des marins, en direct à Rome, Italie, retransmise sur Antenne 2. Ça été "ma" messe du dimanche parce que je me sentais en "communion" avec tous les habitants de l’Archipel, spécialement les marins : mon grand-père était pêcheur et mon père capitaine de caboteur dans le Golfe St-Laurent. Je me sentais en communion avec l’évêque et ses prêtres parce ce que je suis un missionnaire d’Afrique (non pas Spiritain, mais de la Société des Pères Blancs d’Afrique) (Et en Afrique, au Niger, j’ai collaboré aussi avec les extraordinaires missionnaires Soeurs de St-Joseph de Cluny.)
Au début de la messe on a mentionné (je cite de mémoire) les Basques, les Bretons et les Normands qui ont peuplé St-Pierre et Miquelon. J’appartiens à un autre "peuple" et à une famille qui font partie de l’histoire des Iles et qui, très proches des Basques, Bretons et Normands... pourraient être reconnus comme ayant peuplé l’archipel... Je suis Acadien et mon nom de famille est Cormier.
Vous savez qu’après 150 de vie en Acadie (maitenant la Nouvelle-Écosse) (pour les Cormier de 1637 à 1755), les Acadiens furent dispersés ou s’enfuirent lors du "grand dérangement". Dans notre lignée de Cormier, après un petit séjour à l’Ïle Saint-Jean (maintenant appelée ’du Prince Édouard’), des Cormier, Boudreau, Richard, allèrent s’intaller à St-Pierre et Miquelon jusqu’à leur nouvelle déportation par l’Angleterre vers 1775 (lors de la guerre d’indépendance des États-Unis soutenue par la France). Certains de notre famille se fixèrent à St-Pierre sur l’Île d’Oléron près de La Rochelle. D’autres revinrent en Amérique et à St-Pierre et Miquelon. Mais ils s’enfuirent de là après quelques années vers les Iles de la Madeleine (vers 1793) effrayés par la terreur qui accompagnait en France la révolution. Avec leur prêtre, l’Abbé Alain, ils fondèrent les villages acadiens des Iles de la Madeleine. Certaines familles choisirent d’aller pêcher l’été et chasser l’hiver sur la Côte Nord du Golfe St-Laurent. Ils fondèrent Natasquan en 1855 et Hâvre St-Pierre en 1857. Mon arrière grand-père Xavier Cormier et son frère Louis étaient parmi ces fondateurs. Mais vous connaissez sans doute tout cela... et il doit bien y avoir encore à St-Pierre et Miquelon des descendants des Acadiens, peut-être même avec les noms de Cormier, Boudreau, Richard, Landry ?
Un petit mot sur les chants de la messe. Comme une grosse houle après la tempête, ils ont bercé "notre nacelle" en s’adressant à "la Vierge fidèle". Ils m’ont rappelé l’antique le mois de Marie, au Hâvre St-Pierre ! Et avec les mêmes voix ... voilées de brume salée.
Si les Français en général sont "les cousins" des Québécois, eh bien que sont les Acadiens pour les St-Pierrais et les Miquelonais ? ... "Allons la messe est dite" - "Partons la mer est belle, Embarquons-nous, pêcheurs !" "Ave Maris Stella !"
Julien Cormier Adresse e-mail : cormierjulien2000@yahoo.fr
Je n’ais pas vue cette retransmission et je le regrette car ma Maman est née à Saint Pierre et Miquelon et tout ce qui touche à cette Ile me touche. Alors les pêcheurs ne sont pas allés en mer ce jour là ET ALORS ! ils ont donné de leur temps de leur présence de l’AMOUR POUR LEUR ILE c’est çà la vie offrir aux autres du rêve de la joie et du bonheur. Ma Maman et ses 2 soeurs sont nées sur l’ile leur nom de famille Jouquand et parfois sur leurs papiers jouquant ma Grand-mère tenait un café et il y avait des coquillages sur les murs de sa maison. Claudine Turbert France
Cher Cousin !
Pour trouver un "Cormier" évêque de la seconde moitié du XIXème siècle, j’ai eu l’idée de chercher "Cormier" sur Internet, et j’ai trouvé (parmi d’autres réponses)votre article. Il se trouve que je suis issu de Bretagne (actuellement à Toulouse), marié, 3 enfants, 7 petits enfants, un fils prêtre (curé dans le Lot, à Gourdon), et moi diacre permanent... Les histoires de prêtres qui répondent au nom de Cormier m’intéressent donc spécialement.
Peut-être aurez-vous un moment pour répondre ? Sinon, je vous envoie mon amitié et ma prière, avec mon épouse,
Pierre Cormier
Chers cousins,
Issue de la mayenne profonde et du haut de la novicité que me confére mon jeune age (18 ans) je suis fort étonné de tels rebondissements dans l’histoire de mes ancetres. Etant agnostique (à défaut d’éducation religieuse peut-être mais j’aime à me dire que c’est un choix relativement refléchi) je ne puis vous mentir en prétextant quelques interêts pour les histoires de prétrises. Pourtant, je souhaite profiter de ce forum pour ajouter quelques lignes à l’histoire des Cormier. Mes grands parents, eux aussi issus des bourgs reculés de la mayenne, se sont rencontrés durant leur jeune age Robert Cormier Faisant la cour à Suzanne. Début d’histoire dans un cadre romantique. Pourtant, quand aprés leur mariage ils désirérent des enfants, il fallait se rendre à l’évidence, c’était impossible ; Malheureusement, mon chér (et regrété) grand-pére ayant subi le traumatisme du bombardement de la mayenne dans la nuit du 8 au 9 juin 1944 ne pouvait pas répondre a leur désire au combien important d’avoir une décendance. Alors, comme cela ne faisait pas à l’époque, ils décidérent d’adopter, pas n’importe qui, Mon pére : le premier afro-français mayennais (originaire de guinée et dont le passé est trouble). Alors me voila, Xavier Cormier (comme ton grand-pére cher cousin), ayant toujours su ô combien la mixité était histoire de Cormier, et découvrant avec plaisir, une autre page plus exotique de notre patrimoine commun.
Amicalement.
Xavier Cormier