Un dossier clef pour le devenir de notre Archipel vient donc de s’ouvrir avec les négociations inéluctables avec le Canada voisin quant au plateau continental.
Comme le précise le site de Saint-Pierre et Miquelon - Site de Saint-Pierre et Miquelon.org - « la gestion des zones se trouvant au-delà des 200 milles marins est désormais soumise à de nouvelles règles élaborées par les Nations Unies (UNCLOS et l’article 76 du droit de la mer). L’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon pourra-il un jour bénéficier des ressources naturelles auxquelles il a droit ? »
Le député Gérard Grignon aura eu le mérite d’être sensible dès le départ à ces nouvelles donnes ; il a le courage de se démener pour que les responsables de notre état jacobin n’aient pas encore une fois une vision hexagonale de la problématique.
Sans doute trouvons-nous là un point d’unité, de rassemblement dans la démarche. Marc Cormier, responsable du site ci-dessus mentionné, aura eu l’heureuse idée de mettre en œuvre une pétition pour exprimer cette volonté de ne pas être à côté de nos pompes.
Au risque, en étant à côté, d’en trouver d’autres, plus funèbres.
Henri Lafitte, Chroniques insulaires 28 novembre 2005

Dossier effectivement capital pour l’avenir de l’Archipel, chacun localement le reconnaît. Mais pourquoi, une fois de plus, le Député fait-il cavalier seul ? Dans combien de temps, les politiques vont comprendre que sur les grands dossiers, il faut faire bloc et mener des actions communes. Pourquoi le CG reste-t-il silencieux alors qu’il est à l’origine de l’ouverture de ce dossier ? Des moyens financiers devraient être engagés localement pour monter un dossier juridique crédible et convainquant à présenter à la diplomatie française. Si l’on se contente de la vanité du Député, c’est perdu d’avance.
Le Canada est un géant. La région est sienne et SPM un parasite à l’intérieur de ses eaux territoriales, un minuscule insecte capable de faire d’énormes piqûres. Dans un tel combat, on aurait toujours tendance à défendre David contre Goliath ... La définition, sans appel possible, d’une ZEE si réduite et si mal foutue condamnait de manière certaine notre archipel marin à la mort à petit feu. Il faut cependant essayer d’éviter le piège de la victimisation catégorique ... Fortes de nombreuses signatures, cette pétition prouve un touchant attachement au territoire ainsi qu’une intéressante préoccupation citoyenne, dignes d’être signalés. Mais le retour des négociations ne contribue-t-il pas quant à lui à réveiller une lutte ancienne, à attiser la rivalité voisine, n’entraîne-t-il pas vers l’opposition plutôt que vers l’alliance, vers la destruction plutôt que vers le partenariat ?