" Mais je radote ", de conclure Albert Pen, l’ancien Sénateur, Député, Président du Conseil Général, Maire de Saint-Pierre, Conseiller économique et social, dans un article de l’Echo des Caps du 30 novembre 2001 assimilant la coopération régionale sur le plan de l’éducation à l’assimilation inéluctable. Il est vrai qu’il n’y a pas loin de la méthode ASSIMIL (" my tailor is rich ", 1è leçon) à " assimile ", " assimilation ", le tout appliqué à six mille écervelés engoncés dans la méconnaissance du risque des contacts non prophylactiques avec l’étranger.
Mais laissons lui ce regard sans complaisance sur lui-même et intéressons-nous au verbe lui-même, si tant est que le verbe se soit fait chair. Place à l’étymologie.
" Radoter " est apparu en 1080, nous précise Larousse, de redoté, tombé en enfance, " qui radote ", du préfixe " re " renforcé en " ra ", et d’un radical issu d’une racine germanique, " doten " signifiant rêver, tomber en enfance, à l’instar du verbe anglais " to dote ".
Nous retiendrons que :
- radoter en français trimballe une filiation germano-anglo-saxonne ;
- la francisation a ôté toute poésie au mot d’origine, par un glissement sémantique transformant le rêve et le retour à l’enfance en une déraison propre à écosser le sens de toute activité cérébrale, même élégamment portée.
Nous conviendrons donc qu’il urge d’être vigilant à toute importation, fût-elle lexicale. On ne se méfie jamais assez. Attirons l’attention toutefois que radoter peut avoir une connotation plus positive. Comme écrivait Voltaire à Frédéric II, roi de Prusse, le 21 août 1771 : " Sire, Votre Majesté va rire de ma requête : elle dira que je radote. Je lui demande une place de conseiller d’État ". Au diable l’avarice et la crainte des influences étrangères.
Henri Lafitte, Chroniques insulaires 1er décembre 2001

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