Le Vent de la Liberté, le journal du député de Saint-Pierre et Miquelon, accorde une place importante, dans son édition de décembre 2001, à l’ICCAT 2001, réunion où l’on discute répartition de quotas de pêche entre gros poissons.
Non, le Président du Conseil Général n’a rien obtenu de plus que son prédécesseur — le député —, remplacé par son adversaire — le Président du Conseil Général — par le Secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer.
Exemple :
- en novembre 2000, le député avait obtenu 24 tonnes d’espadon à Marrakech ;
- en novembre 2001, le président du Conseil général a obtenu 24 tonnes d’espadon à Murcie.
Le Vent de la Liberté propose traditionnellement une recette de cuisine. Au menu ce mois-ci, tu l’auras deviné, ô lecteur affamé, vive " l’espadon en daube " , mais créole, s’il vous plaît.
Pour quatre personnes, il nous faut 1 kg d’espadon. Ce qui, si tu calcules bien, permet d’envisager, sur la base de notre quota de 24 tonnes, 24000 plats, permettant de nourrir 96000 bouches avides, moyennant 96000 gousses d’ail, 144000 tomates, 24000 piments, 48000 citrons, sans oublier le persil, le sel, le poivre et les petits oignons.
Autrement dit, pas de quoi résoudre la faim dans le monde, mais juste ce qu’il faut pour gaver les autochtones que nous sommes une quinzaine de fois, à condition d’aimer l’espadon. A noter l’effet non négligeable sur la culture des tomates sous serres.
Un seul hic dans cette bombance, il n’y aurait plus de place pour l’exportation. Fort heureusement, nos hommes politiques pensent à tout. En nous bouffant entre nous, cela coupe l’appétit, d’où une consommation moindre d’espadon, ce qui ouvre de nouvelles perspectives.
Ajoutons que le choix de l’espadon en daube n’est pas anodin, puisque la daube désigne précisément une personne ou une chose sans valeur. D’où les éconocroques réalisées par le consommateur averti qui sommeille en chacun d’entre nous depuis qu’on nous bassine localement sur le petit écran que la vie est moins chère.
Apprêter l’espadon en daube ne consiste toutefois pas à le dauber, sachant que dauber signifie encore " tromper ", voire transmettre la syphilis. Or l’on parle bien d’espadon et non pas de morue, notre espèce traditionnelle, en voie de disparition.
Henri Lafitte, Chroniques insulaires 14 décembre 2001

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