Situation hors pair pour la Mairie de Saint-Pierre qui perd sa maire pour la première fois de son histoire. Adieu veaux, vaches, cochons, peut s’écrier l’édile déchue :
- veaux, à l’adresse de beaucoup ;
- vaches, à l’adresse de quelques-uns ;
- cochons pour ceux qui lui auront joué un tour de... ? à force d’avoir une tête de... ? et de chercher des perles. Aux urnes citoyens ! Ainsi l’a voulu le Conseil d’Etat parce qu’une électrice a signé d’une croix d’une manière peu catholique. Il aura fallu la croix et la bannière pour tout remettre à plat. On efface tout et on recommence. Mais pas question de porter la croix des vaches ; le Conseil d’Etat l’a bien dit, il n’y a pas eu fraude, quoi qu’en pensent ceux qui mettent leur esprit en croix pour prouver le contraire.
Les tractations vont donc recommencer.
- Voteras-tu pour moi ?
- Croix de bois, croix de fer.
- Si la croix est de paille ?
- Tu ne passeras pas.
Et si l’électrice fautive ne portait plus sa croix ?
Imaginons un instant que chaque électeur, du fait que l’élection remise en cause se soit jouée à une voix près, décide de voter différemment de la fois précédente, histoire de mesurer l’impact de sa force élective. Sur la scène politique ne risque-t-on pas d’entendre les trois coups des fouteurs de merde ? Mais la démocratie le veut ainsi : il faut bien se résigner à passer devant ses pairs pour être maire.
Henri Lafitte, Chroniques insulaires 13 janvier 2002

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