Etre ou ne pas être ? Peut-on, dans un monde aussi complexe que le nôtre aujourd’hui, dissocier, cette interrogation d’une autre d’actualité, en ce mois d’avril 2007, de voter ou ne pas voter ? La réponse suit immédiatement la première question : être, bien sûr. Peut-on se résigner à refuser la vie ? Participer à la vie démocratique est une façon d’échapper au fatalisme trop gaulois d’un destin céleste qui vous tomberait sur la tronche.
Certes, aucun candidat à l’élection présidentielle n’aura cru devoir nous rendre visite à Saint-Pierre et Miquelon. Le comptage des voix l’aura emporté sur la prise en compte de l’espace maritime. L’esprit boutiquier aura toujours une longueur d’avance sur la réflexion visionnaire. « Les collectivités d’outre-mer donnent à la France le deuxième espace maritime mondial », rappelle-t-on sur le site meretmarine.com. Mais quelle distance entre le concept et la réalité trop triviale d’une politique emberlificotée dans son hexagonie ! « Dès mon élection, aura dit Ségolène Royal, je souhaite d’ailleurs que s’engage une véritable réflexion stratégique, avec les territoires concernés ». Etre écoutés enfin ! Quelle aubaine ! « Il est dommage que l’Outre-mer français n’exploite pas mieux le formidable potentiel qui est le sien », aura commenté Nicolas Sarkozy. Fichtre ! Mais l’Outre-Mer peut-il tirer parti de son potentiel indépendamment du pouvoir central ? « Les pays, territoires et régions d’outre mer donnent à la France une dimension maritime exceptionnelle. Grâce à leurs zones économiques exclusives notre pays dispose du deuxième espace maritime au monde après celui des Etats-Unis », de préciser François Bayrou.
C’est précisément cette dimension qui est en jeu dans le dossier des nouveaux droits à défendre sur le plateau continental partout où la France se trouve, du fait des renégociations internationales. Et notre territoire a une importance qui ne peut être dissociée de l’appartenance à une identité commune. Il est triste de constater que cette prise de conscience est trop souvent le fait des zones périphériques, peu perçue par les tenants d’une perception de l’histoire trop jacobine.
Quel que soit le résultat du deuxième tour de l’élection présidentielle, il nous appartiendra de trouver la force d’être les aiguillons nécessaires pour notre propre sort.
Henri Lafitte, Chroniques insulaires 18 avril 2007

La politique étrangère de la France étant une prérogative de son Président,je comprends la volonté de saisir son élection comme une opportunité.Si l’élection était jouée, les directives massivement suivies, l’élu pourrait éventuellemnt donner un sens aux votes nuls. Mais dans un scrutin incertain, où s’exprimeront de multiples tendances,je crains que le futur Président mesure l’importance de notre Archipel,au nombre des votants qui lui auront accordé leur confiance. Le meilleur moyen de se signaler positivement serait d’avoir le record national de participation et encore mieux,le meilleur score du Président élu. C’est faisable.
Je constate que toi aussi Gaby tu utilises le mot que tous ceux qui (aux yeux de ceux qui vont le faire) "n’osent" pas voter Blanc. Ils tiennent le meme discours que toi... Tu dis "je crains" !... C’est la finalement tout l’enjeu en question... La crainte des repercutions...
Je crois que tout reside dans cette perception que le ciel va tomber sur la tete du caillou si on a le culot de revendiquer et de fortement souligner le fait que le prochain President de la republique aura le DEVOIR de proteger et defendre NOS DROITS - CEUX DES SPM _ (et par extention) les siens sur la scene Internationale !
C’est un pari - Pour certains il vaut la chandelle -Pour d’autres c’est une perte de temps... qui est surtout tres dangereuse... a cause du "back fire" potentiel !
De toutes facons tu sais Gaby... A entendre l’emission de 10 minutes sur le sujet a Radio Canada hier soir on a l’impression que les SPM sont plus interresses par la course a la Coupe Stanley que celle a presidence... Aleurs... A quoi bon ?
Bien amicalement, Dede