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Janvier

Chronique du 26 Janvier 2002

François Bayrou, candidat aux prochaines élections présidentielles, a dit le 25 janvier 2002 aux membres de son parti qui en ont pris leur parti : ’’Je vais vous donner une règle qui vaut pour toutes les élections présidentielles : celui qui a la trahison dans son jeu perd". Mais suffit-il, ô lecteur politophile, qu’un propos soit assertif pour qu’il ne soit pas tiré par les cheveux ? Le problème n’est-il pas de savoir qui trahit l’autre ? Et celui qui trahit en se sentant trahi n’est-il pas trahi par celui qui se sent cocufié ? Souviens-toi de Chirac et Balladur.

L’assertion n’est-elle valable que pour les présidentielles ? N’avons-nous pas connu localement des déchirements utérins inopinés ? Albert et Gérard mutés en Albert ou Gérard ? Marc et Albert voués au même sort ? Que penser d’Annick et Karine condamnées à s’entre-déchirer pour un fauteuil ? Et Albert et Bernard ? Ne faudrait-il pas pour la sauvegarde des couples couper la poire en cinq (le mandat de député dure cinq ans) et donner un an maxi à chacun, comme dans un Lions Club, avec obligation de transmettre en guise de témoin Palm Pilot et carnet d’adresses ? L’unicité du siège ne conduit-elle pas à considérer son vis-à-vis concupiscent comme un vulgaire trou du cul ?

Bernard Le Soavec, premier candidat saint-pierro-miquelonnais aux législatives 2002 a écrit : "Inévitablement et quelle que soit la tendance politique nationale des Candidats, la portion locale des différents programmes se recoupera, c’est donc la sincérité et la capacité de chacun à mettre en accord ses propositions avec ses actes qui détermineront en grandes parties vos préférences." Autrement dit, tourne-toi, vire-toi, peu importe le nom de la politique pourvu que le politique ait un prénom.

Trahir n’est-il pas prendre conscience de la valeur marchande de son prénom sur le marché des urnes ? Reste alors à le vendre à la criée. Et chacun de s’accrocher à son étal à la foire d’empoigne.

Henri Lafitte, Chroniques insulaires 26 décembre 2002

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