Saint-Pierre n’a pas de Maire de broder les commères. Qu’elles se rassurent, les élections sont pour bientôt. Pas le temps de se rendre compte des effets de la vacance. Les poubelles sont ramassées, les chasse-neige sillonnent la ville et les voitures neuves font du gymkhana pour éviter les trous de poules.
Mais s’est-on rendu compte que nous vivons, mangeons, dormons, niquons, forniquons (la même chose, en plus fort), paniquons (par peur de ne pas être à la hauteur), décaniquons (en hommage à notre patrimoine linguistique), payons, payons, payons (on paie souvent), cancanons, votons (de plus en plus souvent), radotons (qui peut prétendre en avoir le monopole ?) sans conseiller économique depuis la démission d’Albert Pen en avril 2001 ? L’économie s’en est-elle plus mal portée ? L’emploi s’en est-il trouvé affecté ? Ne nous sommes-nous pas réveillés un 1er janvier 2002 dans la zone euro sans glissement tectonique particulier ?
Que fait la nature si tant est qu’elle ait horreur du vide ? Un Conseiller Economique et Social sert-il à quelque chose si l’on ne se rend compte ni de sa présence ni de son absence ? Un tel vide est-il sanitaire ? Pouvons-nous tolérer plus longtemps d’être privés d’une paluche à serrer, d’une paire de pompes à cirer ? Que fait l’Observatoire de la Fonction publique ?
"J’ai finalement décidé de me retirer au profit, je l’espère, de quelqu’un de plus qualifié que moi", déclarait Albert Pen interrogé par l’Echo des Caps le 4 mai 2001. Le profit attend toujours le qualifié supérieur qui pourra en profiter.
Henri Lafitte, Chroniques insulaires 27 janvier 2002

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