Malheur aux vaincus !
Les élections municipales sont à peine terminées que dans l’Echo des Caps du 8 février 2002, Albert Pen, ancien maire de Saint-Pierre, entre autres ex-fonctions, cogne sur les perdants. "Cap-out", titre-t-il. "Je ne puis que m’en réjouir, en saluant la très nette victoire remportée par Karine Claireaux et da liste "Ensemble pour construire" contre les "Y-a-qu’à ?" et autres "m’as-tu vu".
Georges Poulet, quant à lui, se félicite dans son éditorial, de la "nouvelle ère, celle de la sociabilité" qui s’ouvre désormais. Mais son constat repose sur la "participation croissante de nos concitoyennes à la vie municipale". Annick Girardin était, sans conteste, très sexuée, bel et bien féminine, mais sa défaite est fustigée par ? un homme, ce qui explique sans doute alors l’entorse à la ? sociabilité.
Ah les affres de la politique locale ! Se présenter n’est-ce pas au lendemain d’une défaite toujours possible, s’exposer tout nu, porter les stigmates de l’hallali, trimballer la marque de l’infamie ? Si l’on gagne, le temps de la jouissance prend-t-il alors sa revanche quand on se retrouve alors du côté des fustigeurs (néologisme qui pourrait être remplacé par vergeurs, autre néologisme, pour ceux qui agitent leur verge) et autres pères-fouettards ? "Ecce homo", a pu dire en son temps Ponce Pilate en offrant un candidat à la reconnaissance populaire couvert d’épines aux lyncheurs de service. Ecce virgo, pourrait clamer son clone de l’an 2002 en pointant d’une doigt une malheureuse néophyte.
Si au moins se lancer dans l’aventure politique pouvait être l’occasion de faire ses preuves, afin de tenter de contrebalancer la dure vérité exprimée par Robert G. Girardin dans un de ses aphorismes, publié dans le même Echo : "Quand certains hommes meurent, d’autres se réveillent enfin". Ne sommes-nous pas condamnés de par les prétendants à l’éternité aux réjouissances post-mortem seules porteuses de régénérescence ?
Henri Lafitte, Chroniques insulaires 9 février 2002

Cher Mathurin, Désolé mais mon article faisait suite à une lettre privée, des plus méprisantes, envoyée par Annick GIRARDIN en réponse à ma précédente intervention dans l’Echo ( sur le danger de "vendre la peau de l’ours"). Disant que je n’étais "plus rien" elle prétendait me refuser le droit d’écrire dans l’Echo (curieuse conception de la démocratie non ?). Je n’entendais pas stigmatiser, comme tu le crois, son irruption dans la politique locale, mais simplement son inutile recours en invalidation d’une élection n’ayant suscité aucune fraude (ni aucune réclamation d’ailleurs le soir-même, en Mars dernier...). C’est une mauvaise joueuse, à laquelle la population a donné une réponse méritée ! Cordialement Albert PEN