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Juin

Chronique du 6 Juin 2000

Sais-tu, ô lecteur aguiché par le fil de Marianne, que la France, la patrie que tout le monde nous envie, va jeter le septennat aux orties. Le Président le veut, le Premier Ministre le veut, l’UDF le veut, le RPR le veut, Démocratie Libérale le veut, Victor Reux, notre sénateur, le veut, notre député se tâte (il le veut bien, à condition que tout le monde le veuille, mais comme d’autres ne le veulent pas, son vœu risque de rester pieux, à moins qu’il ne se convertisse).

A bas le septennat, vive le quinquennat, mais un quinquennat sec (sans autre velléité de réforme constitutionnelle) !

Le peuple se prononcera, par référendum, car dans notre démocratie, le peuple est souverain, pouce en l’air ou pouce en bas, comme il se doit.

Si le peuple le veut, on passera donc de sept à cinq, opération pas facile quand on y réfléchit. Va-t-en, toi l’habitué des cinq à sept, badiner sans mettre ta réputation en péril dans les salons de sept à cinq. Mais l’important pour Chirac n’est-il pas, comme le dirait Robert le Petit, d’en mettre cinq et retirer six, histoire de garder les bons morceaux pour lui ?

Mais fi de nos inquiétudes ! Espérons que chacun reçoive le Président cinq sur cinq et que la France consensuelle évite le piège que se tend Jacques Chirac lorsqu’il prend des décisions que d’aucuns, prudes de nature, soupçonnent d’être dissolues. Pour peu qu’il soit moins cinq de rater sa reconversion, il aurait bonne mine.

Que le peuple se prononce donc en cinq sec (et non en cinq sept) et qu’on n’en parle plus.

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