Carnet de lecture : Alain Baraton, Le camélia de ma mère

Un jour je me suis trouvé tout bête à ramasser des trompettes, surtout qu’elles étaient de la mort. Une rapide initiation m’avait permis de repérer cette variété de champignons dans le sous-bois béarnais. Combien de fois me suis-je ainsi trouvé comme un benêt découvrant le monde, devant plantes et feuillages, fleurs et arbres, dans l’incapacité de leur donner un nom ! Que de fois m’aura-t-il fallu demander que l’on m’éclaire, dans mon désir de mieux percevoir mes lieux de découverte !

Visitant derechef le magnifique jardin de Kew Gardens à Londres, j’éprouvais une fois de plus l’étendue de ma méconnaissance. « Qu’as-tu appris à l’école mon fils, à l’école aujourd’hui », chante Graeme Allwright. Que nous apprenait-on en effet ? A être coupés de notre environnement au nom de sacro-saints programmes ? Les leçons n’étaient guère que de choses et d’autres. Prendre le temps, sortir, découvrir, s’émerveiller ne faisaient pas partie de l’ordinaire en quatre murs de l’adulte en herbe. L’école s’est considérablement ouverte depuis.

Aujourd’hui ne plus considérer la vie comme allant de soi entre béton et bitume devient une nécessité impérieuse, y compris sur une île où les atteintes au milieu naturel laissent des stigmates préoccupants. Me voilà pris de curiosité pour Le camélia de ma mère d’Alain Baraton, grand-maître-jardinier du Grand Parc du château de Versailles. Qu’il fait bon voyager au fil du hasard !

Sujet sérieux abordé avec humour, histoire de la fleur, rapport avec la mémoire de l’auteur dans sa relation à son passé d’enfant…, les angles d’approche sont variés et font de cet opuscule un bouquet d’agrément, tout en encourageant, à cultiver mieux encore… son jardin de vie.

Henri Lafitte, Chroniques insulaires

19 novembre 2017

Alain Baraton, Le camélia de ma mère, Grasset 2017 – ISBN : 978-2-246-85881-2